12 mai 2008

Monoï, clefs, radios et coup de stress

Que faire lorsque c'est lundi, que c'est férié, qu'il fait 30°C, qu'on a fait le ménage de l'appart à fond (et qu'on est à jour même dans ses lessives), qu'on habite un petit appartement où il fait 45°C ? Quand on s'appelle Barblala comme moi, on prépare son "kit de survie" avec huile de monoï, roman du moment, "Glamour "du moment, cours du CNED pour se donner bonne conscience, lunettes de soleil, et on plie bagages direction "sa soeur" et son délicieux jardinet de paradis.

Me voici donc parée, prête à filer droit rejoindre les joies de la campagne. Arrivée à la voiture, je réalise que je n'ai pas pris le sac de vêtements que je dois donner à ma soeur. Car ce matin, j'ai trié ma garde-robe d'été et sélectionné 2-3 bricoles que je n'ai plus envie de mettre (raison officielle)... ou qui ne me vont plus trop (raison réelle : oui, je sais, je dois avoir les pores particulièrement dilatées en ce moment, surtout celles des cuisses, et les os lourds aussi...).

Je ne sais pas pourquoi, quelque chose me dit que je dois remonter à l'appart chercher ce sac de vêtements, même si ma soeur n'attend pas après, en colle roulé et moon-boots. Je remonte, je glisse ma clef dans la serrure et là,... ça bloque. Impossible de la tourner ! Horreur malheur : ça ne fait qu'un tour, je comprends j’ai laissé le double de la clef de l'autre côté !

Pas le choix, il faut la débloquer maintenant, et pas ce soir à 22h45. Pas question non plus de faire appel à un serrurier qui se ferait, un jour de pentecôte,  un plaisir de me demander 150 € pour avoir faire un trou dans la porte.

Me voilà donc à la recherche d'un moyen pour ouvrir cette fichue porte. En faisant des aller-retour avec la clef, l'autre va bien finir par tomber. 10 minutes et trois litres d'eau perdus plus tard, rien n'y fait.

Il y a bien la grande échelle dans le hall de l'immeuble, mais, comme par hasard, elle est cadenassée. Pourtant, je l’avais utilisée une fois, avec l'aide du voisin. J’avais grimpé jusqu'au balcon, et hop ! Ni vu ni connu, on avait reposé l'échelle. Bref, pour avoir la clef de l'échelle, encore fallait-il trouver le gardien. Mais aujourd’hui, c'est férié, les gardiens ne sont pas là les jours fériés. Sur la quittance de loyer, il y a bien un numéro d'urgence... mais la quittance de loyer est dans l'appartement. J’ appelle tous mes potes bricoleurs, mais aucun ne possède d'échelle de plus de 4 mètres. Justement même, ils en recherchent tous une (pour couper les arbres, poser une antenne, remettre une tuile....). Pourtant, ces gens-là ne manquent pas d'idées et de conseils pour ouvrir la porte comme dans les James Bond... Un copain me propose aussi un escabeau... 1,20mètres. Sympa.

Désespérée, je décide de passer devant la loge du gardien. "On ne sait jamais , peut-être qu'il n'a rien d'autre à faire que de venir travailler un jour férié digne d'un dimanche de juillet".... Et là ! Miracle ! La porte est ouverte, il fait signer un jeune couple pour un appartement. J’explique mon cas, et là, il m’ explique que l'échelle n'arrivera pas jusqu'au deuxième étage. Evidemment, je me retrouve comme un rond de flan à ne pas pouvoir lui dire "bah si ! on l'a déjà fait plusieurs fois, et le voisin aussi hein !". Le gardien prend un air malicieux et me dis "je vais rentrer chez moi à Serris pour chercher mon TRUC". Grand silence dans la loge, où le couple s'est pris au jeu et où le suspense n'est plus tenable. Tout le monde s'écrit : "QUEL TRUUUC ?". Et là, pas peu fier, il nous répond : "Une radio. Je suis le spécialiste des ouvertures de portes en tout genre : carte d'identité, radio, carte de crédits.... Mais pour votre porte à vous, c'est une radio qu'il faut."

Mac Giver est avec nous.

Soudain, un éclair de génie m'illumine : "Mais j'ai une radio dans ma voiture !". Tous les regards étonnés se tournent vers moi : "vous avez une radio dans votre voiture ?"

Oui, j'ai une radio, une radiographie médicale, pas une radio pour écouter la musique, on est bien d'accord...

-Oui, enfin j'ai pas mal de trucs bizarres dans mon coffre, et la radio, ça fait 6 mois qu'elle traîne dedans, c'est une radio abdominale que j'ai faite l'hiver dernier, et l'autre jour, en allant passer l'aspirateur à la station "Eléphant Bleu", je l'ai sortie du coffre et j'ai failli la monter à la maison, bah oui, ça sert à rien d'avoir une radio du ventre dans sa voiture, sauf peut-être pour montrer à la police, lors d'un contrôle d'alcoolémie, qu'on a le foie en parfait état, pas de cirrhose en vue... Bref, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai décidé finalement de la laisser dans la voiture, cette radio..."

Tout le monde est déjà sorti, en direction de la radio bénie des dieux. Nous montons à l'appartement. Le gardien plie la radio en deux, la glisse du haut vers le bas, et là .....
BAM ! BAM ! BAM ! il agite la radio dans un mouvement de va et vient tout en donnant des coups de pieds tellement énormes qu'on aperçoit le parquet de l'entrée dans l'entrebâillement à chaque coup. Je suis passée à l'état liquide. Il va défoncer la porte ! Les voisins vont sortir, alertés par ce bruit monstrueux qui résonne dans tous les couloirs. Mais au bout du cinquième coup, la porte est grande ouverte, ma radio est aussi chiffonnée que l'état de mes intestins dessus. Mais me voilà rentrée.

Coups de fil à tous les potes alertés, douche pour se remettre de ces émotions, rassurage des chats qui ont cru que c'était un cambrioleur (elles me l'ont dit), puis en voiture Simone, direction "ma soeur"...

Alors merci la bonne étoile de m'avoir fait remonter à l'appart chercher le sac de vêtements (qui fait que j’ai  évité cette situation à 22h45), de m'avoir fait laisser cette radio dans le coffre de la voiture, d'avoir fait que le gardien est passé une heure à la loge un jour férié.

Merci, merci, merci !

Posté par barblabla à 12:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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